RApports

Rapport du président : 2009-2010


Pendant le souper du dimanche soir lorsque mes enfants grandissaient, mon épouse, thérapeute familiale, insistait toujours pour que chacun parle du pire moment qu’il avait vécu la semaine précédente, ainsi que du meilleur. À la fin de l’année, nous répétions l’activité pour les 12 derniers mois. C’était toujours passionnant d’entendre ce que nos enfants et leurs amis adolescents avaient à raconter. Est-ce qu’ils parleraient d’un point de vue personnel ou global, d’un problème relationnel ou de la détérioration de l’environnement? J’avais habituellement de la difficulté à me souvenir des événements de la semaine précédente, c’était pire pour ceux de l’année qui s’achevait, et d’évaluer les expériences sur une échelle. Néanmoins, l’exercice se révélait toujours instructif.
Lorsque j’observe les événements qui se sont déroulés pendant la dernière année de VWB/VSF, je vois que nous avons vécu un moment très triste et un grand nombre de beaux moments. Le décès subit de Jo-Ann Smith, immédiatement après Noël, représente sans contredit le pire moment pour la famille de VWB/VSF. Il s’agit d’une perte personnelle et professionnelle. Jo-Ann a été notre première directrice de bureau, travaillant à ses débuts dans un espace aménagé près du laboratoire, l’autre côté du couloir de mon bureau, puis elle a toujours travaillé pour nous pendant que nous prenions de l’expansion. Pendant que certains d’entre nous agitaient leurs bras et discutaient de grandes idées, elle s’occupait de tous les détails administratifs pour nous permettre de livrer ce que nous promettions. Elle était passionnée par notre travail. Jo-Ann nous manque grandement.
Cependant, ce creux de vague a entraîné un moment fort : le reste de l’équipe, et plus particulièrement notre directrice générale, Erin Fraser, notre trésorier, Jim Fairles, ainsi que notre directrice des communications, Jessica Kennedy, ont immédiatement pris les choses en main et ils ont travaillé des heures supplémentaires pour s’assurer de la continuité des programmes auxquels
Jo-Ann s’intéressait. Et pendant que Ryan Aguanno et des volontaires ont ramassé les morceaux (très organisés!) dans le bureau, Erin et Jessica ont restructuré le programme étudiant, organisé une session d’orientation très excitante, rédigé un plan d’intervention d’urgence, déménagé nos bureaux à Victoria, puis embauché Jaelithe Piccolo, notre audacieuse (ou fanatique et passionnée comme nous!) merveilleuse nouvelle directrice de bureau.
Au cours de la dernière année, VWB/VSF a conclu des ententes avec l’International Livestock Research Institute (ILRI) et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) dans le but de créer des programmes de renforcement des capacités liées aux approches écosystémiques des maladies émergentes. Sous la direction de Sonia Fèvre, notre gestionnaire des programmes régionaux en Asie, ainsi que du Dr David Hall (de l’Université de Calgary), le projet réunit des médecins et des chercheurs
provenant de la Chine, du Vietnam, du Cambodge, du Laos, de la Thaïlande et
de l’Indonésie.

Notre réputation d’être une organisation préconisant des approches intégrées et liées aux écosystèmes nous a apporté une demande de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à rédiger un compendium des situations internationales
dans lesquelles une approche santé avait été mise en oeuvre. Le compendium a été distribué par l’ASPC et le United Nations System Influenza Coordination lors d’une réunion interministérielle de l’International Partnership on Avian and Pandemic Influenza au Vietman, qui s’est tenu la troisième semaine d’avril. Partenariat de recherche de l’Asie sur la grippe pandémique humaine (APAIR).
Après le désastre en Haïti, Anne Leboeuf, membre de VWB/VSF, a travaillé d’arrache-pied avec des partenaires stratégiques
afin d’apporter un soutien au ministère haïtien de l’Agriculture dans ses efforts pour reconstruire et améliorer la santé des élevages et la capacité de production des troupeaux en Haïti. En poursuivant le travail remarquable qu’elle a déjà effectué, nous recrutons actuellement une personne qui pourra consacrer temps et énergie à nous aider dans l’exécution de ce projet à long terme de reconstruction de l’infrastructure de la santé animale en Haïti.
Fortes des succès obtenus dans les projets au Guatemala et au Chili, nos approches basées sur les communautés et les écosystèmes de la population canine, ainsi que sur le contrôle de la rage ont attiré l’attention internationale. Au milieu d’une zone à risque de tremblements de terre, Elena et Guillermo, les deux membres de notre équipe basée au Chili, poursuivent leurs travaux pour intégrer la santé et le contrôle de la population canine à la santé publique et aux efforts de conservation de la faune déployés par la Société de conservation de la faune.
En janvier, nous avons organisé notre première séance de formation, à laquelle ont participé les 16 étudiants en médecine vétérinaire sélectionnés dans le cadre du programme-étudiant de cette année. D’une durée de deux jours, la séance d’orientation incluait ateliers interculturels, présentations de projets, ainsi que des activités de consolidation d’équipe qui ont aidé les étudiants à se préparer en vue de leur assignation internationale.
Brian Evans, le chef des services vétérinaires du Canada, a renouvelé son appui envers le travail de VWB/VSF, même si l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) était confrontée à d’importants défis financiers. Nous avons une entente réitérant son appui pour encore un an et devrons négocier pour les années subséquentes. Ceci nous permet de poursuivre notre lancée et d’utiliser le financement de base pour influencer les fonds qui proviennent d’autres sources.
C’était un pur bonheur et un privilège de représenter VWB/VSF lors de rencontres qui se sont tenues l’an dernier au Canada, en Europe et en Chine. Certains jours, j’ai l’impression de n’être que la figure de proue du plus extraordinaire navire. Je ne pourrais imaginer un meilleur endroit où me retrouver.

David Waltner‐Toews